Histoire d’un projet

 

Solid’art, c’est d’abord l’histoire d’une passion. Et d’une passion qui va à la rencontre d’autres passions.

Tout d’abord, celle de Michel. Il y a cet enfant qui aurait bien voulu une boite de peinture… mais ce n’était pas pour lui. « Chez ces gens là », on ne peint pas, Monsieur, on bosse ! Alors il est allé bosser, Michel. Tout d’abord la mécanique, qui deviendra un jeu pour lui : monter et démonter un moteur… C’est toujours utile d’être habile de ses mains.

Puis il y a eu la moto. Tout petit déjà, dans la cours de la ferme, inventer des objets roulants avec les trouvailles des carrières, construire des kartings avec des vieilles motos. C’est tout naturel qu’il devienne le premier vendeur de Quad en France en 1985, primé par Honda, avec remise d’une plaque par Stéphane Collaro pour la petite histoire. Un an plus tard, on le retrouve sur le rallye Paris-Dakar avec le premier ATC qu’il met dans la course. Ce sont des bons souvenirs, le Rallye Paris Dakar :

Concessionnaire Honda, puis chef de Région pour Honda moto, sa passion pour la moto le met au service de sa société pendant 24 ans.

Et une nouvelle porte s’ouvre, une opportunité pour vivre sa deuxième vie à 60 ans, avec cet amour pour l’art qu’il feuillète en autodidacte à travers tout les magazines d’art lus et relus comme un secret que l’on ose à peine dévoiler.

Alors aujourd’hui, il faut oser.

L’occasion lui est donnée de quitter superbement sa société qui l’assiste dans le montage de son propre projet. Au début, il parlera d’un atelier d’artiste… puis d’une « école d’art »… En somme, un endroit vivant où l’on apprend, qui est traversé par des artistes…

Tout à côté de sa maison, un bâtiment désaffecté le fait rêver : une ancienne minoterie avec de beaux volumes. A l’intérieur il y voit des expositions, un musée, des artistes en résidences, une foison d’idées, des expériences, un échange de pratique, des démonstrations. Mais la loi d’accessibilité au public qui rentre en vigueur en 2015 le fait reculer : trop de travaux onéreux pour mettre le bâtiment dans les normes.

Alors il se tourne vers de petites structures locales, des locaux commerciaux inutilisés où il vient planter son chevalet. Avec son bâton de pèlerin, il part à la rencontre des artistes. Où sont-ils dans cet espace rural dont les préoccupations semblent très éloignées du monde artistique ? Il en rencontre un, puis un autre… et encore un… qui en parle à un autre… Le projet semble fou, on nous prend pour de doux rêveurs… mais Michel semble savoir où il va, même s’il ne sait pas comment…

Les artistes posent leurs toiles dans l’atelier de peinture. La vitrine est dépoussiérée. Il y a des couleurs derrière la vitrine ! Le nom est trouvé : ROHAN-SOLID’ART. Comme pour incarné la solidité de cette vocation au pays où l’on n’ose plus y croire, et qui a pourtant connu ses maîtres en la matière, ne serait-ce sur le plan architectural.

Il souhaite que les cours soient gratuits : comment faire ? Les artistes ont bien souvent une situation précaire, ils ne peuvent pas être bénévoles. Ils doivent aussi pouvoir vivre de leur création et de ce qu’ils transmettent.

Il se revoit enfant avec le désir de peindre, il se souvient de l’achat de cette première boite de peinture bien plus tard avec l’argent de son premier salaire… Créer une structure qui puisse recevoir des dons. Il a un réseau. Il compte sur la compréhension, la sensibilité et la bienveillance. Sa compagne Agnès lui souffle l’idée d’un « charity shop », c’est-à-dire d’un magasin d’articles d’occasion donnés et vendus à un prix modique, au profit de l’association SOLID’ART.

Le deuxième local est trouvé. Les bonnes relations qu’il conserve avec son ex-milieu professionnel lui permettent d’attirer la générosité de ses collègues et supérieurs ; dons de tables, de chaises, de présentoirs à habits. C’est un joli local, et il accueille les sacs de linges et objets divers que les gens apportent à l’association. Ceux-ci sont triés et remis en vente. Le bruit circule, les personnes viennent nous voir, voudraient déjà acheter mais les habits ne sont pas encore étiquetés…

Le deuxième local est trouvé. Les bonnes relations que Michel conserve avec son ex-milieu professionnel lui permettent d’attirer la générosité de ses collègues et supérieurs ; dons de tables, de chaises, de présentoirs à habits. C’est un joli local, et il accueille les sacs de linges et objets divers que les gens apportent à l’association. Ceux-ci sont triés et remis en vente. Le bruit circule, les personnes viennent nous voir, voudraient déjà acheter mais les habits ne sont pas encore étiquetés… La boutique SOLID’ERE ouvre ses portes début avril 2015. On y trouve de tout, à petit prix : vêtements homme-femme-enfant, bibelots, vaisselle, livres, revues, articles de décoration. Une taverne d’Ali Baba qui fait des heureux, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir le temps d’une visite ou d’un bonjour.

SOLID’ERE a donc ici plusieurs sens :

·       la solidarité vis-à-vis des artistes et de l’accès à la culture et à la pratique des arts

·       la solidarité vis-à-vis du public, et pour les personnes qui ont des ressources modestes en leur proposant des articles à bas prix

·       la mise en route vers une nouvelle ère d’art et de culture qui s’appuie sur un financement cohérent et écologique, en limitant les déchets et en recyclant, fort du bon vieux savoir populaire : « ça peut encore servir » !

 

Tout se bouscule, le site internet est mis en ligne, les flyers se succèdent, des affiches prennent forme, les projets suivent leur cours tout comme cette exposition de photos sur la batellerie qui se déroulera en extérieur le long du canal et qui rencontre le soutien de la municipalité.

Première assemblée générale constitutive : les présidents d’associations sont présents, les commerçants aussi qui observent avec satisfactions que des initiatives sont prises pour redynamiser le secteur. Ils sont partants, cela les intéressent, affaire à suivre.

Il reste à mettre en relation les artistes et leur public, à travers les ateliers de pratiques des arts. Nous savons bien que dans ce milieu rural qui marche au son des moissonneuses batteuses, ce sont des préoccupations qui semblent très éloignées. Et pourtant, l’artisanat n’est pas loin. On les rencontre ces artistes-artisans aux rendez-vous annuels des expositions derrières leur stand. Ils semblent s’exercer secrètement et dans le plus grand anonymat. Nous ne sommes là finalement que pour les révéler, pour montrer qu’en France et dans nos régions, il y a des savoir-faire, une sensibilité artistique en amont qui nous autorise à créer. Nos artistes sont là pour cela : pour le révéler et le faire grandir.

Alors venez nous rejoindre. Il y a de la place pour tout le monde. On trouvera ce qui vous intéresse. Chaque chose en son temps. Petit à petit…

 

Chronologie d’un projet : parcours de son Fondateur, Michel Hermelin

 

Octobre 2010 : arrivée à Rohan à la maison de la Roche Brune, construite par les minotiers

De 2010 à 2015 : restauration de la maison, devenue Villa Tranquillité, table et chambre d’hôtes

A partir de 2012 : Michel se surprend à rêver en déjeunant devant la minoterie : voilà un bâtiment intéressant pour en faire un atelier d’artistes… mais un peu trop grand et trop onéreux pour en faire juste un atelier. Le projet suit son cours, s’élabore, se transforme, rebondit… début de discussion avec les propriétaires.

2013 : découverte de l’existence des fonds de dotation, structures en dessous des Fondation permettant de collecter des financements pour faire vivre un projet ou faire l’acquisition d’un bâtiment. Lectures des ouvrages et écrits à ce propos.

2013-2014 : Réunions et rencontre avec le Centre Français des Fond de dotation

à partir de 2013 : Recherche sur l’économie sociale et solidaire. Assiste au colloque LH forum sur l’économie positive le 26 septembre 2013 qui a lieu au Havre

2013 : vague de licenciement chez Honda France moto. Michel n’en fait pas partie, mais son départ anticipé pourrait protéger l’emploi de ses collègues

septembre 2013 : début de négociation d’un plan de départ volontaire pour création d’entreprise avec Honda

Depuis 2014 :

·       Membre du Conseil d’Administration de l’Association des Canaux de Bretagne, représentant des hébergeurs

·       Suppléant au Comité Directeur de l’Office de Tourisme de Pontivy

·       Administrateur de la Caisse d’Epargne

·       Participation à la commission tourisme et patrimoine de la commune de Rohan

janvier 2014 : validation de son plan de départ volontaire

mai 2014 : collecte de matériel de bureau (tables, chaises, paper board) suite à la fermeture d’un centre de formation de Honda à Paris. Rapatriement du matériel sur Rohan

juin 2014 : congé de reclassement et formation pendant un an

à partir d’août 2014 : prise en charge par IN EXTENSO (Rennes) dans le cadre d’une formation pour la création d’entreprise

·       Montage du dossier prévisionnel

·       Création des statuts de SOLID’ART

·       Création en cours des statuts du Fond de Dotation « Arts pour tous en Centre Bretagne »

·       Elargissement de son réseau de relation

août 2014 : devis avec un cabinet d’architecte pour évaluer le coût des travaux pour une mise aux normes de la minoterie. Les frais sont élevés, les travaux compliqués, le projet doit être reconsidéré.

A partir de septembre 2014 :

·       rencontre d’artistes, explication du projet.

·       Elaboration du projet d’exposition photos sur le canal avec la municipalité de Rohan (commission tourisme et patrimoine)

Novembre 2014 : location d’un local au 8, rue du Pont d’Oust à Rohan pour en faire un atelier de peinture

Décembre 2014 : voyage en Thaïlande : rencontre d’artistes, d’artisans, de photographes

Janvier 2015 : location d’un autre local à Rohan, 21 rue Notre Dame, pour en faire une boutique de vente d’articles

d’occasion

A partir de janvier 2015 : création du site internet, des flyers et des affiches de communication par Jacques Médoc, artiste et permanent de l’association.

A partir de janvier 2015 : collecte de mobilier, de présentoir, d’article à mettre en vente dans le magasin Solid’ère

3 Mars 2015 : Première Assemblée Générale constitutive de l’association Solid’art

mars 2015 : Dépôt  des statuts du l’association.

 

 

Le mot du Président Fondateur :

« J’aime beaucoup cette chanson de Michel Berger : « j’aurais voulu être un artiste ». Je pense qu’elle résume mes intentions et exprime d’où je pars.

Trop de personnes pensent et disent qu’elles ne savent pas faire, qu’elles ne comprennent pas les productions artistiques.

Ce que je souhaite, c’est faire partager cette passion de l’art, proposer aujourd’hui ce que je n’ai pas pu trouver à mon époque. Regarder une œuvre d’art, quelqu’un qui sculpte, observer ces savoirs faire, cela me fait vibrer. Nous avons tous cela en nous.

Picasso pouvait dessiner une colombe en trois coups de crayons, mais ce qu’il faisait en une minute, il l’a appris pendant 40 ans.

Il y a un artiste qui sommeille en chacun d’entre nous. Nous sommes là pour le révéler. »

 

 

Objet des statuts de l’association Rohan-Solid’art

 

L’association a pour objet de faire vivre dans un milieu rural des projets artistiques, culturels et artisanaux, pouvant avoir une vocation éducative, et d’accompagner les artistes (porteurs de projet et soutien aux artistes en activité) dans leur démarche à travers une pratique de l’art. Dans cette intention, elle aura recours à toutes opérations industrielles, commerciales ou financières, mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher directement ou indirectement à l’objet social ou susceptibles d’en faciliter l’extension ou le développement. Elle pourra entre autre :

  • Gérer une boutique pour vendre des articles recyclés ou artisanaux, produits locaux, dont les ressources excédentaires serviront, charges d’exploitation déduites, à financer l’emploi de personnes salariées, les cours de pratiques des arts (rémunération des enseignants, fournitures, charges liées à l’activité etc.) ou tout autre projet.
  • Animer des cours de pratiques des arts (peintures, sculptures, céramiques, dessins, bandes dessinées, ateliers culinaires et autres activités compatibles avec sa vocation) en proposant des tarifs attractifs afin de ne pas limiter l’accès.
  • Réaliser des expositions de photos, peintures, sculptures et activités compatibles avec sa vocation
  • Soutenir la production d’œuvres d’art, d’objet artistiques ou artisanaux, de bandes dessinées, livres ou revues d’arts, de photographies, films, supports audiovisuels ou autres productions compatibles avec sa vocation